Les Dieux qui façonnent Asthénia — et ceux qui les précèdent
Les particules de matière s'agitèrent, s'entrechoquèrent, s'échauffèrent et se liquéfièrent. Tant et si bien que certaines d'entre elles fusionnèrent. L'afflux d'énergie qu'offrait le passage du temps permit aux particules de s'agréger — et les particules inertes prirent vie.— Livre des dieux premiers, L'Éveil
Les dieux d'Asthénia ne sont pas des créateurs — ils sont des survivants de la première explosion de matière, des êtres nés dans le chaos originel et ayant appris, au fil des âges, à le maîtriser. Ils ne sont pas immortels par nature : ils le sont parce qu'ils ont choisi de l'être.
Kynéa, Kharm & Kherm — les trois gardiens du royaume du nord
Kynéa, Kharm et Kherm observent la bataille depuis leur dimension
Aînée des trois, protectrice d'Héridor. Sa douceur cache une autorité absolue sur le destin du royaume. C'est elle qui a désigné le premier roi, planté la première muraille et choisi la première femme qui porterait un Thébâ. Sa forteresse — éponyme — domine les Gorges de Cristal depuis des millénaires. Elle s'y rend rarement : elle n'en a pas besoin.
Le plus jeune des trois, le moins prié. Ses temples dans les forêts d'Héridor restent des lieux de pèlerinage discret — on y va seul, et on n'y parle pas fort. Ses pouvoirs sur la nature peuvent faire trembler la terre, dévier un fleuve, faire fleurir une plaine en plein hiver. Kharm n'intervient que lorsqu'on ne le demande pas.
Redouté même de ses propres fidèles. Peu prient pour lui — il n'apporte que haine et misère. Mais parfois, c'est exactement ce qu'il faut. Son nom n'est pas prononcé dans les foyers : on dit « le troisième », ou rien du tout. Ses Thébâs naissent sans regard et meurent sans regret. Ils sont l'arme absolue — et les plus courts à consumer.
La vision des dieux — ils voient tout, mais n'interviennent que sous conditions strictes
Chiran, Hak & Hyrtam — la triade impériale
Géant en toge blanche brodée d'or, il préside l'assemblée divine de l'Empire. Stratège divin à l'ambition démesurée. C'est lui qui a soufflé à l'oreille d'Autis l'idée des mines de Shô — non par cupidité, mais par calcul. Chiran pense à l'échelle des siècles ; les hommes qui servent ses plans ne le comprennent jamais entièrement.
Artisan divin de l'Empire, il a enseigné aux hommes le travail de l'acier — et, selon certains, quelque chose d'autre encore, un métal dont nul ne connaît l'origine. Son temple souterrain à Strenam est interdit aux femmes. On y entend, dit-on, le bruit sourd d'un marteau qui ne s'arrête jamais.
La seule déesse du panthéon impérial. Ses prêtresses tiennent les ports du sud et dictent les jours de navigation. On ne lui demande pas la clémence — on lui demande l'honnêteté : une tempête annoncée vaut mieux qu'une mer trompeuse. Elle exauce rarement. Mais quand elle le fait, c'est exactement ce qui a été demandé.
Entités primordiales — nées avant les dieux, endormies depuis des millénaires
Les Éons se réveillent — et les dieux eux-mêmes n'en connaissent pas les conséquences
Les Éons ne sont pas des dieux — ils sont antérieurs au concept même de divinité. Ils ont émergé de la première condensation de matière, avant que l'espace entre les corps ait un nom. Longtemps, on les a crus morts. Ce sont les Thébâs les plus anciens qui ont découvert, dans leurs transes, que certains Éons dormaient encore.
Chaque éveil d'Éon est précédé de signes que seuls les Sistéons anciens savent lire : des cristaux de Shô qui changent de fréquence, des animaux qui migrent hors saison, des rêves identiques partagés par des inconnus. Le dernier Éon éveillé a refaçonné une chaîne de montagnes. C'était il y a huit mille ans.
Certains soupçonnent que le Métal Noir — l'alliage mystérieux de l'Empire qui absorbe les pouvoirs divins — est d'origine éonique. S'il l'est, cela signifie que quelqu'un, quelque part, a appris à travailler la substance des entités primordiales. Et que quelqu'un d'autre, peut-être, veut s'assurer que ça ne se sache pas.
Thébâs & Sistéons — les instruments du divin sur le plan mortel
Les trois Thébâs d'Héridor libèrent leur puissance
Un Thébâ — sans visage, sans nom, enfanté par les Dieux
Prêtres sans visage, nés par parthénogenèse d'une femme choisie par les Dieux. Ils catalysent les pouvoirs divins sur le plan matériel — limités à trois attaques par bataille. Au-delà, leurs corps s'effondrent. Ils ne portent pas de nom : la divinité qui parle à travers eux ne s'appelle pas autrement que par son acte.
Trouvés enfants dans des couffins aux quatre coins du royaume, selon un schéma que nul cartographe n'a pu rationaliser. Ils amplifient et guident les Thébâs, et sont leurs yeux dans la mêlée. Contrairement aux Thébâs, les Sistéons vieillissent — et certains des plus anciens savent des choses que les dieux eux-mêmes préféreraient qu'on ignore.
Personne ne sait pourquoi la règle des trois existe. Les théologiens héridiens l'attribuent à un accord entre les dieux ; les théologiens impériaux à une limite physique du corps mortel. Un seul Thébâ, dans toute l'histoire connue, a frappé une quatrième fois. Il a survécu. Ce qu'il est devenu après n'est consigné dans aucun texte officiel.
Lance de métal noir — l'arme qui absorbe les pouvoirs divins