Les créatures d'Asthénia — celles qui survivent là où les hommes échouent
Au-delà du fleuve de lave, là où les cartes s'arrêtent, existe un écosystème que nul naturaliste n'a pu cartographier entièrement. La Source — un nexus d'énergie primordiale enfoui sous les fumerolles volcaniques — nourrit des formes de vie qui n'obéissent à aucune taxonomie connue. Ni animales, ni végétales, ni divines : elles sont simplement là, depuis avant les dieux.
Ce bestiaire recense les entités documentées lors des événements du Tome III. Certaines sont liées à la Source. D'autres viennent de plus loin encore.
Le Roi maudit du Labyrinthe
Démyos dans les couloirs de son labyrinthe — ses griffes sentent la vie
L'essence noire de Démyos s'extrait de l'enveloppe corporelle
Ancien roi réduit à une enveloppe translucide — les chairs ont disparu, il ne reste qu'une membrane spectrale frémissante qui tient la forme d'un homme. Ses vêtements royaux sont encore là, décomposés mais reconnaissables : bas rouges, chausses bleues, pourpoint jaune, saie verte. Une vanité royale pétrifiée dans la pourriture.
Ses ongles, longs et noirs comme des lames, détectent l'énergie vitale à distance. Il aspire la vie par contact. Son corps peut se séparer de son essence — une brume noire huileuse qui agit de façon autonome et peut être aspirée par un artefact de puissance suffisante. Détruire le corps ne suffit pas si l'essence demeure libre.
Les habitants des cavernes de Mélyde
Une bande de Troglodyens à l'entrée de leurs galeries — la lumière du jour les fait souffrir
Humanoïdes façonnés par des générations de vie souterraine : corps trapus et massifs, épaules larges, visage pâle et presque lunaire, yeux quasi aveugles à la lumière du jour. Leur peau, délavée par l'obscurité, révèle des veines sombres. Leur démarche est lourde et mal à l'aise en terrain ouvert — dans leurs galeries, ils se déplacent à une vitesse qui surprend.
Ils vivent en bandes organisées sous les collines de Mélyde, forgeant des armes avec les minéraux de leurs cavernes. Ils raidissent les zones habitées à la lisière des grottes. Leur présence sous le Labyrinthe du roi dément n'est pas fortuite — ils ont été là avant lui, et ils comptent rester après.
Gardiens de brume de Batranhalhir — absorbeurs de vie divine
Un Séraphin sur le champ de bataille — ses tentacules traversent hommes et divins indifféremment
Monolithe de brume violette sombre, près de cinq mètres de haut, dont la surface bouillonne en permanence. Aucune anatomie discernable — pas de membres fixes, pas de visage, pas de haut ni de bas identifiables. De sa masse jaillissent des tentacules épaisses d'un mètre, capables de frapper à travers plusieurs plans simultanément : physique, divin, et quelque chose entre les deux qui n'a pas encore de nom.
Créés par Batranhalhir pour absorber l'énergie vitale des golems divins. Ils opèrent sur plusieurs plans à la fois : une tentacule sectionnée ne meurt pas, elle devient une entité autonome plus petite. Leur présence sur un champ de bataille signifie que quelqu'un, quelque part, a décidé d'annuler les règles du combat — y compris celles que les dieux s'étaient fixées.
La créature des fumerolles et ses membres vivants
Un Aztoth près des fumerolles — quatre mètres de chimney organique
Un Tryde détaché — trois sphères, neuf pattes, trois bras-outils
Tube annélide vertical de quatre mètres, immobile dans son corps central. Trois tentacules en émergent, terminées chacune par une sphère spécialisée : une bouche-estomac dévorante, un organe respiratoire à plusieurs trompes, et une sphère lisse et scellée dont personne n'a encore déterminé la fonction. Le long du tube, des appendices portent des Trydes qui agissent comme ses membres.
Créature semi-autonome composée de trois sphères anthracite formant un triangle. Près de deux mètres pour les plus grands. Neuf pattes articulées — insecte et crabe mélangés — pour la vitesse sur terrain volcanique. Trois bras rétractables terminés par des outils : une pince broyeuse, une lame tranchante, une pelle capable de transporter de la chair vers la bouche centrale de l'Aztoth. Ils peuvent survivre quelques heures séparés du corps principal.
La meute des petits bipèdes venimeux
Une meute de Drumaros encerclant une proie — ils chassent toujours à cinquante ou plus
Bipèdes sans tête, taille d'une grande poule. Pas d'yeux, pas d'oreilles, pas de nez. À la place d'un visage : une gueule circulaire au centre du torse, deux rangées de dents pointues. Pour mordre, ils projettent tout leur corps vers l'avant comme une trappe vivante. Leur peau est sombre, cuirassée, couverte de cendres volcaniques.
Jamais seuls. Toujours en meute de cinquante individus minimum, souvent bien plus. Ils encerclent méthodiquement avant d'attaquer. Leur venin est paralysant — non létal en petite quantité, mais une meute s'assure rarement que la dose reste faible. Ils ne s'acharnent pas sur les morts : ils passent à la proie suivante. Ce qui implique qu'ils ont toujours une liste.
Le prédateur cuirassé bicéphale
Deux Fusans en chasse — ils se déplacent toujours en couple
Taille d'un grand taureau, quatre pattes disposées en losange plutôt qu'en rectangle. Carapace épaisse de plaques chevauchantes, basalte et chitine fondus. Deux têtes — une à l'avant, une à l'arrière — chacune armée de crocs recourbés. Le Fusan peut attaquer dans deux directions simultanément, sans angle mort. Il n'existe pas de dos sûr face à lui.
Ils chassent en couple — toujours. Jamais seul, jamais en meute. Leur coordination est telle qu'on a longtemps cru qu'ils partageaient une conscience commune. Les naturalistes de Randal qui ont survécu à leur observation rapportent qu'un Fusan dont le partenaire est tué ne mange plus. Il attend. La suite n'a pas encore été observée suffisamment longtemps pour être documentée.
Le biotope vivant de la Source
Ce n'est pas un monstre. C'est pire que ça — c'est un nœud. Un point où la Source décide que quelque chose va pousser. Et autour de ce point, tout le reste suit.— Extrait d'un journal de campagne non attribué
Cercle de mousse jaune-violette de deux mètres de diamètre, poussant sur les plaines de cendre et de basalte. En son centre, une tige souple d'un mètre porte un globe translucide pâle — fruit ou organe, les deux à la fois. Sous le sol, des veines lumineuses le connectent à la Source. Il ne se déplace pas. Il n'a pas besoin de le faire.
Les Tchillans sont les nœuds nourriciers de l'écosystème de la Source. Autour d'eux naissent les larves de futures créatures — Aztoths, Drumaros, et d'autres encore non répertoriées. Détruire un Tchillan n'élimine pas les créatures qui en dépendent : il en surgit d'autres plus loin, là où la Source trouve un autre point de percée. La Source ne disparaît pas. Elle se déplace.